🚨 Réforme 2026 : la période d’essai fait son retour… ou presque ! Ce qui change pour les employeurs belges

Recruter un nouveau collaborateur est toujours un pari. Malgré un processus de sélection rigoureux, il arrive qu’un engagement ne corresponde finalement ni aux attentes de l’employeur, ni à celles du travailleur. Depuis la suppression de la période d’essai en 2014, de nombreux employeurs estimaient être davantage exposés au risque d’un mauvais recrutement.
À partir du 1er août 2026, une réforme importante modifie à nouveau les règles du jeu. Sans réintroduire officiellement la période d’essai, le législateur réduit considérablement les délais de préavis durant les six premiers mois du contrat de travail.
Cette évolution représente une opportunité pour les employeurs, mais elle nécessite également une adaptation des pratiques RH et de la rédaction des contrats de travail.
Dans cet article, découvrez précisément ce qui change, les conséquences concrètes pour votre entreprise et comment Salaires & Conseils peut vous accompagner pour sécuriser vos recrutements.

Pourquoi cette réforme ?

Depuis le 1er janvier 2014, la loi sur le Statut Unique avait supprimé la période d’essai tant pour les ouvriers que pour les employés.

À l’époque, cette suppression s’expliquait par l’introduction d’un système de préavis progressif :
• 1 semaine durant les trois premiers mois ;
• puis 3 semaines ;
• ensuite 4 semaines ;
• puis 5 semaines.

Le gouvernement estimait alors qu’une période d’essai n’avait plus d’utilité puisque le coût d’une rupture restait limité au début du contrat.

Douze ans plus tard, le constat est différent.
De nombreuses entreprises hésitent davantage à recruter, craignant les conséquences financières d’un engagement qui ne se révèle pas concluant.

L’objectif de la réforme est donc clair :
réduire le risque lié au recrutement afin de favoriser l’embauche.

Un retour de la période d’essai… sans période d’essai

Contrairement à ce que l’on peut lire dans certains médias, la période d’essai n’est pas officiellement réintroduite.

 

La loi ne prévoit :
• aucune clause spécifique à insérer dans le contrat ;
• aucun accord entre employeur et travailleur ;
• aucune mention obligatoire.

En réalité, le législateur agit uniquement sur les délais de préavis, qui deviennent beaucoup plus courts durant les six premiers mois.

Autrement dit :

➡️ le contrat commence normalement ;
➡️ mais il est beaucoup plus facile d’y mettre fin durant cette période.

Quels sont les nouveaux délais de préavis ?

La loi du 3 juin 2026, publiée au Moniteur belge le 15 juin 2026, modifie l’article 37/2 de la loi sur les contrats de travail.

À partir du 1er août 2026, les règles deviennent beaucoup plus simples.

1. Si l’employeur licencie

Pendant les 6 premiers mois, le délai de préavis est désormais de :
➡️ 1 semaine seulement.
Peu importe que le travailleur ait :
• 2 semaines d’ancienneté ;
• 2 mois ;
• 5 mois.
Le délai reste identique.

2. Si le travailleur démissionne

Même principe.
Durant les 6 premiers mois, le travailleur ne devra également respecter qu’un préavis d’une semaine.

Comparaison avant / après : ce qui change

Ancienneté avant le 1er août 2026

moins de 3 mois : 1 semaine
entre 3 et 4 mois : 3 semaines
entre 4 et 5 mois : 4 semaines
entre 5 et 6 mois : 5 semaines

Ancienneté après le 1er août 2026

moins de 3 mois : 1 semaine
entre 3 et 4 mois : 1 semaine
entre 4 et 5 mois : 1 semaine
entre 5 et 6 mois : 1 semaine

La différence est donc particulièrement importante pour les engagements dépassant trois mois.

Quels avantages pour les employeurs ?

  • Cette réforme offre davantage de souplesse lors des recrutements.Les principaux bénéfices sont :
    • réduction du coût d’un mauvais recrutement ;
    • possibilité de réagir rapidement lorsqu’un collaborateur ne répond pas aux attentes ;
    • recrutement moins risqué ;
    • mobilité accrue au sein de l’entreprise ;
    • meilleure adaptation des effectifs.

    Cela permettra probablement à certaines entreprises de recruter plus sereinement.

Quels sont les impacts pour les travailleurs ?

  • La réforme est toutefois beaucoup moins favorable aux travailleurs.En effet :
    • ils disposent d’une sécurité d’emploi réduite durant les six premiers mois ;
    • ils peuvent être licenciés avec un préavis très court ;
    • ils prennent davantage de risques lorsqu’ils quittent un emploi stable.

    Autre élément important :
    Aujourd’hui, la CCT n°109 sur le licenciement manifestement déraisonnable ne s’applique pas aux licenciements intervenant durant les six premiers mois d’occupation.
    À ce jour, aucune adaptation officielle de cette convention collective n’a encore été annoncée.

Point d’attention : la rupture avant le début du contrat

C’est probablement l’aspect le plus méconnu de cette réforme.

Sous l’ancienne véritable période d’essai, lorsqu’une partie rompait le contrat avant même que le travail ne commence, les délais réduits ne pouvaient pas être invoqués.
Le délai de préavis « normal » s’appliquait.
Cette protection disparaît désormais.
Concrètement :
un contrat signé pourra être rompu avant son entrée en service avec un simple préavis d’une semaine.
Cette situation augmente sensiblement le risque pour le travailleur qui quitte son ancien employeur pour rejoindre une nouvelle entreprise.

Date d’entrée en vigueur

Les nouvelles règles s’appliqueront à partir du 1er août 2026.
Tous les employeurs devront adapter leurs pratiques RH à cette date.
Il est donc conseillé de revoir :
• les modèles de contrats ;
• les procédures de recrutement ;
• les procédures de licenciement ;
• les documents remis aux responsables RH.

Check-list employeur

Avant votre prochain recrutement, vérifiez que :

      ☐ Vos modèles de contrats sont à jour.
      ☐ Votre service RH connaît les nouveaux délais de préavis.
      ☐ Vos managers sont informés des nouvelles règles.
      ☐ Vos procédures internes de licenciement sont adaptées.
      ☐ Vos collaborateurs RH savent calculer correctement les délais applicables.
      ☐ Vous êtes conseillé avant toute rupture de contrat.

Pourquoi faire appel à Salaires & Conseils ?

Une réforme du droit du travail ne se limite jamais à une simple modification légale.

Elle impacte directement :
• vos contrats de travail ;
• vos procédures RH ;
• vos calculs de préavis ;
• votre politique de recrutement.
Une erreur peut rapidement entraîner un contentieux coûteux.

Chez Salaires & Conseils, nous vous aidons à :
✔ mettre à jour vos contrats de travail ;
✔ sécuriser vos recrutements ;
✔ appliquer correctement les nouveaux délais de préavis ;
✔ répondre à toutes vos questions en droit social ;
✔ éviter les erreurs administratives et les risques juridiques.

Besoin d’un accompagnement ?
Nos spécialistes sont à votre disposition pour analyser votre situation et adapter vos procédures aux nouvelles règles.
📞 Contactez Salaires & Conseils au 063/58.36.90
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Liens utiles

• SPF Emploi, Travail et Concertation sociale : https://emploi.belgique.be
• Moniteur belge : https://www.ejustice.just.fgov.be
• Conseil National du Travail (CCT n°109) : https://cnt-nar.be